[CP] Le collectif Africa 50 dit « Stop au racisme structurel visible pour les femmes noires »

Nous connaissons la discrimination à l’embauche, au logement, à l’accès au prêt bancaire et des contrôles au faciès. Ces faits furent relatés dans d’autres communiqués de presse ou « faits divers »  que nous avons publié ou vu dans la presse. Mais à la veille de la semaine de la journée internationale des Femmes du 8 Mars, nous constatons que les femmes racisées font encore les frais d’injures racistes et sexiste, et voire même pour l’une d’entre elle, une menace de mort.

D’abord, dans l’émission Touche Pas à Mon Poste diffusée le 26 février, la chroniqueuse et militante féministe Rokaya Diallo a dénoncé les positions du présentateur de M6 sur le voile, en disant ce propos : « Je reviens sur la polémique qu’on a eu ici dans TPMP où vous avez pointé du doigt le fait que Cyril Hanouna puisse inviter sur le plateau une femme qui porte le foulard, un hijab. (…) Vous n’avez pas à dire comment une femme doit s’habiller. Vous avez un problème avec le voile ». Cela a susicté une vive réaction d’une partie de la classe politique pour récupérer l’affrontement entre Bernard de la Villardière et Rokhaya Diallo sur le plateau de TPMP. Au point où, Nadine Morano qualifie la chroniqueuse de « Française de papier » dans un tweet.  L’expression « française de papier » fait partie du vocabulaire de l’extrême droite qui disqualifie la citoyenneté des individus racisé.e.s Ce qualificatif n’est pas représentatif et déshonore la devise républicaine inscrit sur le fronton des écoles, collèges et lycées.

Puis, mercredi 28 février, la députée de La République en marche (LRM) Laetitia Avia a annoncé avoir reçu une lettre contenant des insultes racistes et des menaces de mort. Par conséquent, elle a déposé une plainte dans un commissariat de police de Paris. L’auteur anonyme du courrier écrivit : « Ce n’est pas une grosse truie noire venue d’Afrique qui va se permettre de se mêler de la vie des Français. Votre passage dans les médias nous donne la nausée ».  Suite à ces mots et menace, elle a reçu plusieurs soutiens de ministre dont celui du ministre de l’intérieur, qui publia sur compte twitter : « Indigné par l’odieuse attaque raciste dont a été victime Laetitia Avia. Je lui adresse tout mon soutien ».

Mais ce ministre en question et la classe politique ne se prononcent guère sur « la Nuit des Noirs »  organisé le 10 mars à l’occasion du Carnaval de Dunkerque. Parmi les carnavaleux : les « Noirs » sont des individus vêtus d’un pagne en raphia et d’une couronne de plumes, le visage peint en noir et la bouche en rouge. C’est ce qui s’appelle faire un blackface.  Nous demandons aux pouvoirs publics, la classe politique et surtout au ministre de l’intérieur de condamner ces actes et sanctionné par l’institution judiciaire ces actes racistes présents tous les jours dans notre société. Cautionner le blackface en restant muet sur cela reviendrait à vulgariser la négrophobie alors que les menaces de morts et insultent pleuvent en ce moment comme nous l’avons relaté ci-dessus. Nous nous ne pouvons plus cautionner qu’on prenne la peau noir comme un déguisement car à l’approche du 10 Mai, date de commémoration de l’abolition de l’esclavage, être noir reflète une histoire raciale qui n’est pas glorieuse pour le passé colonial de la France.

Les paroles s’envolent mais les actes restent. Donc, agissez !

Contact presse :
Jean-Didier Babete Mata Ekolbato
Porte parole adjoint d’Africa 50
porteparoleadjoint@africa50lyon.org

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