[Mobilisation] Plus de 1 000 personnes sur la place des terreaux ont dit stop à l’esclavage

Ce samedi, à l’appel du collectif Africa50 et d’autres associations de jeunes, plus de 1 000 personnes se sont rassemblés devant l’hôtel de ville pour exprimer leur colère et leur indignation face à l’esclavage dont est victime les populations africaines en Libye et au silence pesant des institutions étatiques et de défense des droits de l’homme.

Entre indignation, colère et exaspération

La manifestation a démarré par un discours poignant de la porte parole du collectif Colette Ilunga :

Notre indignation, pour des scènes d’un autre temps, dévoilées par le documentaire de Nima Elbagir, de la chaîne de télévision CNN, qui montrait des êtres humains enchaînés, des noirs d’Afrique vendus sur le marché comme du bétail !

Notre colère, parce que, pas un seul instant, on pouvait s’imaginer qu’au 21 ème siècle, on réserverait encore un traitement aussi ignoble à des hommes et des femmes noirs.

Notre exaspération, parce que le silence des pouvoirs publics et des médias est assourdissant. Que les dirigeants européens ne fassent pas semblant d’ignorer leurs responsabilités dans ce drame avec les accords passés avec certains pays pour contenir les vagues d’immigration.

Et notre colère également parce que les institutions en charge de défendre les droits de l’homme sont inaudibles sur cette question de l’esclavage des africains, sur cette pratique de la traite d’êtres humains, et sur la question de la vente des femmes comme objet sexuel, des pratiques que l’on rencontre encore malheureusement dans bien de pays.

Ce n’est pas un phénomène que l’on découvre, mais on refusait d’imaginer le pire. Il aura fallu le documentaire de CNN et le cri de cœur de Claudy Siar pour provoquer ce mouvement de masse.

Merci à Lyon d’avoir réagi spontanément, merci à toutes les associations qui ont déprogrammé leur manifestation pour que cette action collective soit une réussite.

Merci à la jeunesse qui s’est mobilisé et à porter cette action parce qu’elle ne veut plus que l’histoire se reproduise.

Nous ne voulons plus que nos enfants grandissent dans une France qui les traitent comme des étrangers. Nous ne voulons plus qu’ils continuent à être victimes de discriminations en tout genre. A diplôme égal, travail égal.

Nous luttons contre toute forme de néophobie, contre l’esclavage sous toutes ses formes que subit l’africain dans différents endroits du monde.

Et pour le petit africain qui naît en Afrique, nous voulons qu’il grandisse dans un environnement sain dans son pays, qu’il puisse jouir des richesses de son sous-sol sans qu’elles soient pillés par des multinationales, qu’il puisse librement élire lui-même ses dirigeants sans l’ingérence de l’impérialisme l’occidental. Un impérialisme qui d’un côté détruit les pays africains, pousse les populations à fuir leur pays, et de l’autre côté vient contenir les conséquences de leur acte hors de leurs frontières.

La France n’est pas en reste dans ces agissements, on se souvient de l’épisode de la Lybie, et de l’assassinat du Président Khadaffi.

Nous ne voulons plus que la méditerranée deviennent un cimetière pour tous ces migrants, nous ne voulons plus que ces jeunes sans espoir pour leur avenir aient à choisir entre l’enfer de vivre dans un pays où les dictateurs sont maintenus au pouvoir par l’occident, et l’enfer de tomber entre les mains d’abominables barbares qui les réduisent à de la marchandise…

Ce soir, nous avons deux questions à nous poser :

 La 1ère, Est ce que nous voulons réellement changer les choses ?

 La 2ème, Est-ce que nous voulons écrire une page de l’histoire ?

Alors ne ratons pas le coche, ne laissons pas tomber la pression, mettons notre intelligence à contribution et soyons Force de proposition pour toutes les questions qui nous concernent.

C’est un appel à la réflexion et à l’action, une action collective.

La manifestation s’est poursuivi avec des interventions de plusieurs autres responsables associatifs, venu témoigner pour des migrants ayant subi ces horreurs et pour marquer leur profonde colère face à ces atteintes aux droits de l’homme.

Des slogans pour dénoncer

« L homme noir n est pas à vendre », « non à l esclavage, pas d alibi en libye », « celui qui accepte le mal sans lutter contre lui coopère avec lui »…autant de slogan pour dénoncer et dire non à l’esclavage.

Afin de poursuivre dans cette dynamique, le collectif Africa50 vous donne rendez vous le 10 mai 2018 pour la journée national de la commémoration de l’abolition de l’esclavage à Lyon.

Gaëlle BOZ chargé de mission communication pour Africa50.

Crédit photo : Florian Robert

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